Danger : Bien qu'il porte de la soie, le tabac reste

19/02/2022 11:31

L’usage humain de substances par inhalation remonte à l’origine de la civilisation. Ces dernières années, nous avons assisté à l’émergence de différentes formes de consommation de nicotine, certaines récupérées de traditions anciennes (pipe à eau, tabac à rouler…) et d’autres ont émergé de novo grâce aux dernières technologies.

Les stratégies de lutte contre le tabagisme ont conduit à l’émergence de ces nouveaux appareils, les cigarettes électroniques et les systèmes HnB : Heat Not Burn.

Les cigarettes électroniques font partie des « systèmes électroniques d’administration de nicotine ». Cet appareil se compose d’un chargeur, qui contient un liquide (e-liquide) avec ou sans nicotine, propylène glycol, glycérine végétale et certains arômes ; une batterie qui chauffe le liquide lorsqu’il entre en service et un atomiseur qui transforme le liquide en aérosol.

Son usage s’est répandu dans le monde entier, selon les données de la dernière enquête sur la consommation de drogues dans l’enseignement secondaire en Espagne (USTEDES 2016), que 20,1 % des étudiants ont déjà consommé des cigarettes électroniques et 21 % des utilisateurs n’ont jamais fumé auparavant. Cela pourrait être la porte d’entrée vers le début de la consommation de cigarettes fabriquées chez les jeunes.

L’action de la chaleur décompose l’e-liquide en certains de ses éléments, en fonction du contenu initial, de la température atteinte, de la conception de l’appareil ou de la forme d’inhalation. Du fait de son utilisation, des substances reconnues comme cancérogènes pour l’homme (acétaldéhydes, formaldéhydes, acroléine, composés carbonylés ou encore benzènes) ont été détectées dans les voies respiratoires. Bien que l’exposition toxique avec les cigarettes électroniques soit inférieure à celle des cigarettes conventionnelles, les effets à long terme de son utilisation active ou passive sont incertains et ne peuvent être considérés comme des appareils sûrs et inoffensifs.

Rien ne prouve non plus la supériorité des cigarettes électroniques en tant qu’outil de renoncement au tabac par rapport aux traitements actuellement disponibles.

Les appareils HnB : Heat Not Burn ont commencé à être commercialisés en 2013, le modèle IQOS® (I Quit Ordinary Smoking) est arrivé en Espagne en 2016.

Il s’agit d’un appareil qui chauffe le tabac, ainsi que la glycérine végétale à une température de 300 à 350° C sans atteindre la combustion, obtenant ainsi de la vapeur contenant moins de substances toxiques. Cependant, l’émission de composants organiques volatils, d’hydrocarbures aromatiques polycycliques et de monoxyde de carbone a été démontrée, il ne s’agit donc pas d’un dispositif inoffensif pour la santé.

Rien ne prouve que ces appareils soient utiles pour arrêter de fumer et l’expérience dans certains pays montre que les utilisateurs de une cigarette ionique et conventionnelle.

Toutes ces formes de consommation ont des caractéristiques communes qui les rendent particulièrement dangereuses. Les dispositifs modernes et attrayants, leur prétendue innocuité et le fait qu’ils ne sont pas soumis à la législation sur les produits du tabac provoquent l’apparition de ces nouvelles formes de tabagisme, notamment chez les jeunes.

Dr Ana Camarasa, chef de l’unité d’abandon du tabac de l’hôpital Vinalopó.

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